Depuis des milliers d’années, de vifs flashs lumineux sont observés à la surface de la Lune. De quoi peut-il bien s’agir ? D’étranges lumières émises depuis l’atmosphère terrestre, de la preuve d’une vie extraterrestre, ou de simples erreurs humaines ? Un projet de l’ESA baptisé NELIOTA nous a récemment permis d’enquêter sur ces flashs de lumière. Les découvertes sont fascinantes !
La mission NELIOTA (acronyme de « Near-Earth Object Lunar Impacts and Optical TrAnsients ») s’intéresse aux phénomènes optiques transitoires et aux impacts lunaires causés par des objets géocroiseurs. Cette mission a recours à un immense télescope de l’Observatoire National d’Athènes, équipé d’une caméra spéciale capable de capturer un grand nombre d’images très rapidement. Grâce à cet équipement, les chercheurs de la mission NELIOTA ont été en mesure d’observer la Lune afin d’enregistrer de précieuses données. Ils ont ainsi pu repérer un grand nombre de ces flashs lunaires, à des intervalles de quelques heures en moyenne ! Mais de quoi s’agit-il, plus exactement ?
L’espace comporte d’innombrables petits objets composés de roches ou d’autres matériaux et, parfois, il arrive qu’ils percutent la surface d’une planète ou d’une lune. Quand ces objets se rapprochent de la Terre, ils se consument dans notre atmosphère en créant des météores (que nous appelons aussi des « étoiles filantes »). Cependant, comme la Lune ne possède pas d’atmosphère, les objets célestes ne se consument pas avant de la percuter, c’est pourquoi leur impact provoque un bref flash lumineux !

Le télescope et la caméra à hautes performances de la mission NELIOTA ont révélé que ces flashs étaient très fréquents, même si nous ne pouvons observer à l’œil nu que les plus vifs. Ces flashs sont néanmoins très difficiles à enregistrer car ils doivent intervenir sur des zones de la surface lunaire qui ne sont pas éclairées par le Soleil. Dans le cas contraire, les roches lunaires avoisinantes sont si vivement éclairées qu’elles masquent le flash de l’impact. Les équipes scientifiques de l’ESA ont d’ores et déjà enregistré 55 flashs, mais elles suspectent de n’apercevoir qu’une infime partie des impacts, qui représenteraient potentiellement environ huit flashs par heure !

Plusieurs raisons font que ces recherches sont d’une grande importance. Tout d’abord, elles nous aident à en savoir plus sur la Lune et sur sa surface parsemée de cratères. Ces recherches nous permettent par ailleurs de calculer le nombre d’objets géocroiseurs (tels que les roches spatiales, les astéroïdes et les comètes) circulant dans le voisinage cosmique de la Terre. Les grands objets géocroiseurs peuvent s’avérer dangereux en cas de collision avec notre planète. Par conséquent, plus nous disposerons d’informations, mieux nous pourrons nous protéger. L’ESA prend ce phénomène très au sérieux et planifie actuellement une mission ambitieuse appelée Hera, qui va tester des méthodes pour dévier les astéroïde se trouvant sur une trajectoire de collision avec la Terre.

La mission NELIOTA devait se terminer prochainement, mais ses résultats sont si concluants qu’une prolongation a été accordée jusqu’en janvier 2021 !
Fait intéressant : NELIOTA utilise le télescope Kryoneri, qui est le plus grand télescope au monde et dont la seule mission est d'observer la Lune.