Avant l’apparition des mondes, des océans ou même de la terre ferme, il n’y avait qu’une chose bien moins impressionnante : un nuage. Un vaste mélange froid de gaz et de poussière dérivant dans l’espace. Pas de continents, pas d’atmosphères, pas de vie, juste de minuscules particules flottant dans l’obscurité. C’est à partir de ces débuts modestes que se construisent des systèmes solaires entiers !
Comprendre comment cette transformation s’opère est un élément clé de la science soutenue par la mission Plato de l’ESA. En étudiant les planètes autour d’autres étoiles, Plato aide les scientifiques à dresser non seulement une carte des planètes de notre Galaxie, mais aussi à comprendre comment elles se forment.
Première étape : la naissance d'une star
Tout commence lorsqu’une partie d’un gigantesque nuage de gaz et de poussière s’effondre sous l’effet de sa propre gravité. En se contractant, elle tourne de plus en plus vite et s’aplatit pour former un disque, comme une pâte à pizza que l’on fait tourner en l’air. Lorsque suffisamment de matière s’est accumulée au centre, une étoile s’allume. Autour d’elle, il reste un disque tourbillonnant de gaz et de poussière. On appelle cela un disque protoplanétaire, c’est-à-dire un disque de formation planétaire. La zone autour de l’étoile où naissent les planètes.
Deuxième étape : de la poussière aux cailloux
Au début, le disque est rempli de grains microscopiques, plus petits que du sable. Mais ces grains ne restent pas seuls longtemps ! Ils entrent en collision doucement et s’agglutinent, formant des amas de plus en plus gros. La poussière devient des cailloux, et les cailloux continuent de grossir.
Cela peut sembler lent, mais ce processus se déroule à une échelle gigantesque, avec d’innombrables collisions se produisant simultanément. Au fil du temps, ces petits éléments constitutifs deviennent des objets de plusieurs kilomètres, appelés planétésimaux. Ils sont comme les premières « graines » des planètes.

Troisième étape : les collisions créent des mondes
Une fois les planétésimaux formés, la gravité prend le dessus. Les objets plus gros attirent les plus petits, et les collisions deviennent plus spectaculaires. Certains s’écrasent les uns contre les autres et fusionnent, devenant ainsi plus gros. D’autres se brisent, réinjectant de la matière dans le système.
Cette phase chaotique conduit à la formation d’embryons planétaires, des objets suffisamment grands pour exercer une gravité significative. Mais ce ne sont pas encore des planètes à part entière.
Au fil de millions d’années, ces embryons continuent de se heurter et de se combiner, dégageant progressivement leurs orbites et se transformant en planètes pleinement formées. Les plus gros corps grandissent en balayant les plus petits, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que quelques planètes dominantes. La loi du plus fort, version planétaire !
Étape n° 4 : grandir et s'imprégner des ambiances
À mesure que les planètes grandissent, elles commencent à changer. Les planètes rocheuses comme la Terre se dotent d’une surface solide en se refroidissant après une période d’impacts répétés. Parallèlement, les gaz libérés de leur intérieur par l’activité volcanique peuvent former des atmosphères.
Dans les régions extérieures d’un système, où il fait plus froid, un phénomène différent se produit. Les gros noyaux planétaires peuvent accumuler d’énormes quantités de gaz, devenant ainsi des géantes gazeuses comme Jupiter et Saturne.
C'est pourquoi les systèmes solaires contiennent souvent un mélange de mondes : de petites planètes rocheuses plus proches de l'étoile et d'énormes géantes gazeuses. Ces différences remontent toutes aux conditions qui régnaient dans le disque d'origine.
Les installations solaires ne sont pas toutes identiques
L’une des découvertes les plus passionnantes de l’astronomie moderne est que les systèmes planétaires peuvent être très différents du nôtre. Certains possèdent des planètes géantes extrêmement proches de leur étoile. D’autres peuvent contenir des systèmes très denses de petits mondes rocheux. Plus passionnant encore, certains abritent même des planètes dans la zone habitable, où les conditions pourraient permettre l’existence d’eau liquide à la surface de la planète.
La mission Plato est conçue pour étudier ces systèmes en détail, aidant les scientifiques à comprendre non seulement quelles planètes existent, mais aussi comment elles se sont formées.

Un processus qui prend du temps
Chaque étape s’appuie sur la précédente, se déroulant si lentement que les changements seraient presque impossibles à percevoir à l’échelle du temps humain. La formation des planètes ne se fait pas du jour au lendemain, mais s’étend sur des dizaines de millions d’années, façonnée par la gravité, le mouvement et d’innombrables collisions.
Même après leur formation, les planètes continuent d’évoluer à mesure que leurs orbites se déplacent, que leurs atmosphères changent et que leurs surfaces sont remodelées par les impacts. En d’autres termes, un système planétaire n’est jamais vraiment achevé. À un moment donné de cette chaîne, si les conditions sont réunies, une planète comme la Terre pourrait voir le jour. La mission Plato vise à découvrir des planètes semblables à la Terre et nous aidera à déterminer si elles sont courantes ou si notre planète est unique en son genre.